Du noir mais pas que

Du noir, du polar... Le plus souvent

24 octobre 2009

La route de Gakona - Jean-Paul Jody

512KEvnDS_LLa route de Gakona, Jean-Paul Jody, Seuil, 2009.

A divers points du globe, des radio-amateurs sont assassinés par des professionnels, qui prennent bien soin de maquiller leurs méfaits en suicides.

Mais une famille d'irréductibles Gaulois refuse de croire que Pépé s'est donné la mort. Et engagent le détective Kinscoff pour le prouver. Celui-ci, bardé d'une assistante ("stagiaire", c'est dans l'air du temps) jeune, jolie, obstinée et qui garde par-devers elle un (lourd) secret, sent bien qu'il y a anguille sous roche, et les ennuis commencent.

Car là, ils s'attaquent à du gros. En résumé, le complexe scientifico-militaro-industriel étatsunien reprenant à son compte les travaux du savant fou Tesla sur les ondes magnétiques envisage le moyen de... manipuler le climat (du gros, vous dis-je !) voire (pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? ) déclancher à distance séismes et tsunamis... Bien sûr, les services secrets du monde entier vont se lancer aux trousses de nos enquêteurs nationaux, mais ceux-ci, qui sont bien malins, vont passer leur temps à leur échapper, de la Norvège au Canada et jusqu'aux confins de l'Alaska.

J'avoue être resté parfois perplexe à la lecture de ce bouquin qui joue allègrement de la Théorie du Complot (Meyssan, à côte, c'est T'choupi et Doudou à la ferme) : le réchauffement climatique ? Une manipulation. Un raz-de-marée en Birmanie ? Un bon moyen d'envoyer de faux humanitaires (et vrais espions, bien sûr). Le tremblement de terre au Sichuan ? Je vous laisse deviner...

Voilà, on est dans la vague Dan Brown, Maxime Chattam, et de plein de ces thrillers américains produits comme en série, et dont on fait beaucoup de films ; bref, l'histoire de "l'individu presque lambda face au Système (occulte)", qui n'est habituellement pas franchement ma tasse de thé.

N'empêche que je me suis laissé prendre par construction du récit (certes classique, mais efficace), de la tension permanente, du rythme haletant, et des personnages finalement plutôt attachants, qui font "se tourner les pages toutes seules".

A recommander, aux amateurs du genre.

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Les morsures de l'ombre - Karine Giebel

51N91gVd8kLLes morsures de l'ombre, Karine Giebel, Fleuve Noir, 2007.

Prix SNCF du polar français 2008 (entre autres)

Le commissaire Benoît Lorand se réveille dans une cage, au fond d'un garage. De l'autre côté de la grille, une belle jeune femme dont il pensait la veille faire sa petite incartade extra-conjugale de la semaine... Une vrai psychopathe, animée d'une terrible soif de vengeance. Mais pourquoi ? Pourquoi lui ? Cette question, Benoît n'a pas fini de se la poser...

J'ai dévoré ce thriller en une demi-nuit. Impossible, vraiment, de lâcher ce bouquin tant l'intrigue est prenante, le mystère intrigant, les découvertes toujours plus glaçantes...

La règle du jeu, c'est de ne pas trop en dire, je n'en dirai pas plus... (Encore un paragraphe qui termine sur des points de suspension. C'est pour dire que du suspense, il y en a vraiment beaucoup.)

Posté par Pedrozoreyo à 12:46 - Livres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Le tour de la bouée - Andrea Camilleri

510K2XZSGBLLe tour de la bouée, Andréa Camilleri, trad. Serge Quadruppani, Fleuve Noir, 2005.

En son île de Sicile, le commissaire Montalbano est sur le point de tout plaquer et de prendre sa retraite lorsqu'à l'occasion d'un bain de mer matinal il se retrouve nez à nez avec un macchabée flottant. Sa détermination à foutre le camp se perce d'un nouveau trou quand un gamin, immigré illégal repêché par les gardes-côtes est retrouvé mort quelques jours plus tard...

Le roman est court, bien mené, mais le plaisir de le lire provient essentiellement de langue elle-même. Il faut ici rendre hommage à Serge Quadruppani pour avoir traduit et tenté (il s'en explique dans un préambule) de restituer la langue de Camilleri, mélange, dont les proportions varient selon les moments, d'italien et de dialecte sicilien. Il arrive en tous cas à transmettre un humour, et toute une vision du monde qu'à défaut de les connaître, j'imagine siciliens (ou tout au moins, camilleriens).

Merci à P*** de m'avoir fait découvrir cet auteur. J'y reviendrai.

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L'homme au ventre de plomb - Jean-François Parot

51ZKBKM2JCLL'homme au ventre de plomb, Jean-François Parot, JC Lattès, 2000.

Rouletabille chez Louis XV.

Bon, soyons clairs dès le départ : c'est un livre "de genre", alors on aime, ou on n'aime pas.

Enfin presque. Je ne me suis pas tapé des plans en trois parties thèse-antithèse-synthèse pendant des années d'études pour me contenter d'une vision platement binaire du monde, nom mais oh !

Au fait. On cause d'un livre, là. Oui, donc, un roman d'enquête, avec jeune détective talentueux (ici, il s'appelle Nicolas Le Floch), crime presque parfait (en tous cas le premier de la série...), avec chambre close et tout, intrigue à plusieurs niveaux, personnages mystérieux, puissants ou interlopes, et grand discours final où les secrets sont dévoilés, les révélations fracassantes et les traîtres révélés.

Tout ça dans le Paris de 1761, avec au casting la Cour de Versailles, la Pompadour et Sa Majesté Notre Bon Roi Louis XV, siouplaît...

Alors :

Thèse : la langue est savoureuse, elle sonne fort bien son XVIIIème, Monsieur Parot sait écrire, on prend plaisir à le lire.

Antithèse : l'intrigue est vraiment emberlificotée (osons le mot ! Invraisemblable...), beaucoup d'éléments-clés ne sont révélés qu'à la fin, et la construction est vraiment hyper-classique.

Synthèse : un bon roman policier "à l'ancienne" et une bonne restitution d'une époque, de ses palais comme de ses ruisseaux, que l'on appréciera surtout si l'on est resté un amateur de Gaston Leroux et Maurice Leblanc.

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Ce doux pays - Ake Edwardson

415x60A5xvLCe doux pays, Ake Edwardson, trad. Marie-Hélène Archambeaud, JC Lattès, 2007.

A Göteborg, en Suède, trois hommes sont assassinés et défigurés dans une boutique d'une banlieue populaire, lors d'une des courtes nuits qui précèdent la Saint-Jean.

Le commissaire Erik Winter et ses collègues de la Criminelle tentent de comprendre ce qui apparaît vite comme une histoire de règlement de comptes au sein de la communauté kurde de la ville. Mais difficile d'y voir clair quand les bouches restent obstinément closes et que les témoins s'évanouissent l'un après l'autre...

Bien entendu, en découvrant ce roman, on ne peut s'empêcher de comparer avec la série des Wallander, d'Henning Mankell. On retrouve un attachement profond pour ce pays arctique, un même désarroi chargé de nostalgie face aux transformations irréversibles de la mondialisation pas très heureuse, l'arrivé de la misère du monde avec ses drames, ses trafics, ses injustices...

Mais le héros d'Edwardson, doté d'une charmante épouse qui l'aime, de deux jolies fillettes et de bons copains, ne trimbale pas la dépression rampante de Wallander ni ses difficultés à communiquer avec son entourage. Ça allège un peu l'ambiance...

Le récit, lui, mêle celui, linéaire, d'une enquête qui avance plus (ou n'avance pas) en fonction des rencontres, interrogatoires (courtois, vive la Suède) ou des brain stormings entre flics que des indices ou des prouesses des petits-cracks-du-labo, et celui d'une jeune réfugiée, dont on saisit peu à peu l'importance dans l'intrigue principale...

Au total, un roman prenant, des personnages forts, et pour moi, la découverte d'un grand auteur de polar.

Posté par Pedrozoreyo à 11:51 - Livres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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