Du bon vieux Noir des familles

La-Daronne

Patience Portefeux (c'est son nom) a 53 ans et n'a pas eu une vie facile. Fille d'un truand à l'ancienne, elle a élevé seule ses deux filles après la mort stupide et tragique de son mari bien-aimé, en trimant comme une mule. Elle est interprète (au noir) pour la police et les tribunaux, parce qu'elle parle arabe. Aujourd'hui, sa mère est en fin de vie dans une maison de retraite qui lui coûte un bras, et la perspective de finir de la même façon ne la réjouit pas plus que ça.

Mais quand on passe ses journées à traduire des écoutes téléphoniques de réseaux de dealers, c'est bien le diable si on ne va pas tomber un jour sur une... opportunité à ne pas rater !

Autant Parmi les vivants (que j'avais à peine reposé sur la table de chevet quand j'ai ouvert La Daronne) était complexe, foisonnant, et superbement écrit, autant là, on retrouve quelque chose de plus classique, mais qui fonctionne très bien. La Daronne est un roman court (moins de 150 pages), à l'écriture simple mais efficace, avec ce qu'il faut quand même d'humour noir et d'ironie bien sentie.

C'est donc avec plaisir qu'on suit les aventures de la Daronne, comme on prend toujours plaisir à voir les petits, les faibles, les négligés (une quinquagénaire rondouillette, par exemple) faire la nique aux salauds et au système.

Un bon petit noir, la vie de ma mère !