415x60A5xvLCe doux pays, Ake Edwardson, trad. Marie-Hélène Archambeaud, JC Lattès, 2007.

A Göteborg, en Suède, trois hommes sont assassinés et défigurés dans une boutique d'une banlieue populaire, lors d'une des courtes nuits qui précèdent la Saint-Jean.

Le commissaire Erik Winter et ses collègues de la Criminelle tentent de comprendre ce qui apparaît vite comme une histoire de règlement de comptes au sein de la communauté kurde de la ville. Mais difficile d'y voir clair quand les bouches restent obstinément closes et que les témoins s'évanouissent l'un après l'autre...

Bien entendu, en découvrant ce roman, on ne peut s'empêcher de comparer avec la série des Wallander, d'Henning Mankell. On retrouve un attachement profond pour ce pays arctique, un même désarroi chargé de nostalgie face aux transformations irréversibles de la mondialisation pas très heureuse, l'arrivé de la misère du monde avec ses drames, ses trafics, ses injustices...

Mais le héros d'Edwardson, doté d'une charmante épouse qui l'aime, de deux jolies fillettes et de bons copains, ne trimbale pas la dépression rampante de Wallander ni ses difficultés à communiquer avec son entourage. Ça allège un peu l'ambiance...

Le récit, lui, mêle celui, linéaire, d'une enquête qui avance plus (ou n'avance pas) en fonction des rencontres, interrogatoires (courtois, vive la Suède) ou des brain stormings entre flics que des indices ou des prouesses des petits-cracks-du-labo, et celui d'une jeune réfugiée, dont on saisit peu à peu l'importance dans l'intrigue principale...

Au total, un roman prenant, des personnages forts, et pour moi, la découverte d'un grand auteur de polar.