Le_Pic_du_DiableLe Pic du Diable, Deon Meyer, trad. Estelle Roudet, Seuil, 2007

"Avec Deon Meyer, vous ne pouvez pas vous tromper", affirme Michael Connelly. C'est vrai. Le pic du Diable est même meilleur que pas mal de Connelly.

Deon Meyer est Sudaf, et ses polars parlent de son pays. Qu'il connaît bien, forcément. Et il n'est que de consulter la liste des remerciements en fin d'ouvrage pour se rendre compte que pour écrire un roman policier digne de ce nom, Meyer s'est beaucoup documenté. Sur la nouvelle police post-apartheid, les prostituées de luxe, les traditions Xhosas, la psychologie criminelle... Bref, un peu tout ce qui manque à certain roman dont l'Afrique du Sud est aussi la toile de fond. Mais qui en manque un peu, de fond. A mon avis, hein...

Bref.

On retrouve Thobela "P'tit" Mpayipheli, ex-agent du KGB, ex-soldat de la Lutte anti-apartheid, ex-bras droit (costaud) d'un parrain de la drogue, ex-ennemi n°1 de L'âme du chasseur. Qui part en croisade justicière contre les bourreaux d'enfants après la mort de son fils adoptif.
Son histoire croise celles de Benny Griessel, inspecteur autrefois brillant mais détruit par l'alcoolisme, de Christine, poule de luxe, de Carlos le trafiquant colombien...
Clichés ? Ben non, en fait parce que tous ces personnages se distinguent des archétypes du genre, et ne vont pas agir comme ils l'auraient fait chez un auteur moins talentueux.

Au passage, Deon Meyer dépeint l'Afrique du sud d'aujourd'hui, avec ses riches et ses pauvres, sa misère et sa violence, le racisme qui surnage, l'héritage omniprésent de l'apartheid, sa beauté, aussi, et sa richesse.

Mais j'ai surtout accroché à sa vision (très anti-Connelly, pour le coup) de la justice expéditive. Une vision intelligente (on pourrait dire : citoyenne), à l'opposé du credo (très souvent) américain qui justifie la vengeance et la gâchette facile.

En résumé, j'adore cet auteur.

Pour lire une critique (élogieuse) de son dernier livre, voir .