Derrière la haineDerrière la haine, Barbara Abel, Fleuve Noir, 2012.

Coup de coeur !

Aaaaaah ! Je viens de le refermer... Contrairement au précédent dont la lecture n'en finissait pas, celui-ci s'est laissé dévorer en un rien de temps.

Si la couverture annonce "thriller", il ne faut pourtant pas s'attendre à de l'horrifique sanguinolent, ni à y trouver le petit cousin d'Hannibal Lecter. Thriller psychologique, par contre oui, et diablement bien troussé.

Le roman débute comme un petit conte de fées pour trentenaires middle-class d'une petite ville de banlieue quelque part en France. Les couples Laetitia-David et Tiphaine-Sylvain sont des jeunes trentenaires middle-class qui se partagent deux maisons mitoyennes dans une petite ville de banlieue quelque part en France. Deux couples heureux, qui sympathisent et deviennent de grands amis quand l'enfant paraît, à quelque mois d'intervalle dans les deux foyers. Apéros, barbecues, adorables bambins qui grandissent ensemble, et amitiés solides, bref : le conte de fées pour trentenaires middle-class d'une petite ville de banlieue quelque part en France.

Jusqu'au jour où... Un drame, un abominable drame, et pourtant si banal, dévaste la vie idéale des quatre protagonistes. Et transforme peu à peu ce petit bonheur parfait en enfer de rancoeur, de suspicion, de parano et de haine.

Si l'écriture n'a rien de très original, Barbara Abel réussit parfaitement à plonger son lecteur dans les affres psychologiques et la transformation subséquente de chacun de ses personnages, sans qu'à aucun moment cela ne sonne faux ni même improbable. C'est le vrai tour de force de ce livre.

En plus de quoi elle tisse son récit avec habileté, semant l'air de rien des petits détails qui prennent plus loin une importance majeure, et titille ainsi l'intelligence du lecteur, ce qui est un des plaisirs du genre.

Je me suis laissé entendre dire (comme on dit) que l'auteure avait pris énormément de plaisir à écrire ce bouquin. J'en ai pris énormément à le lire.