L_ExequaturL'Exequatur, Marc Boulet, Payot & Rivages, 2006

Nase.

Le premier paragraphe est accrocheur.

Et ça s'arrête là.

Le héros de l'histoire, journaliste-écrivain (oh ! comme son auteur... Etonnant, non ?), est victime d'une aberration judiciaire qui le condamne à payer une très forte amende. Il risque d'y laisser son appart parisien. Du coup sa femme chinoise se suicide, tellement c'est horrible.

Alors il veut se venger du salaud de pédophile, sujet de son premier reportage, qui l'a foutu dans la mouise en portant plainte pour diffamation.

Non seulement tout ça est archi-pas-crédible, mais en plus l'alter-ego de l'auteur s'en trinbale un gros, d'ego. Pas vraiment écrasé par l'humilité : "je refusais de (...) vendre ma liberté contre un bulletin de paie. (...) Pour rester libre comme je l'étais il fallait de l'intelligence et du courage". On dirait du BHL... Certes c'est assez fréquent chez les journaleux (adeptes de la "pensée complexe" et ultimes remparts d'une démocratie mise à mal par les conservatismes et populismes de tous poils), mais du coup, on finit par se réjouir des cacas qui tombent sur la tête de cet autosatisfait...

Sa poursuite vengeresse l'emmène en Italie, puis, j'imagine, en Chine (rapport à sa défunte bien-aimée et au fait que c'est là qu'il avait rencontré son "sujet"), et qu'on doit apprendre plein de choses que le connaud de touriste de base rate à tous les coups, parce que çui-là c'est un vrai reporter qui sait voir au-delà des apparences.

Enfin j'imagine, parce que j'ai abandonné vers la page 100.

Le style est laborieux, répétitif, le personnage plutôt antipathique (ben voilà, il a déteint sur moi, je rabâche aussi !), l'intrigue oscille entre l'invraisemblable, le déjà-vu et l'ennui (ah ! les crises de conscience aux conclusions téléphonées de ce falot protagoniste)...

Bref, un livre qu'on évitera sans dommage aucun de lire.