05 janvier 2009
French Tabloïds - Jean-Hugues Oppel
French Tabloïds, Jean-Hugues Oppel, Payot & Rivages, 2005
Jean-Hugues Oppel revisite l'histoire récente. Ou comment le 21 avril 2001 n'est que le résultat d'un odieux complot destiné à éviter à Chirac les tribunaux pour 5 années de plus.
Bien sûr, dès le titre, l'hommage à Ellroy est évident, hommage qu'on retrouve jusque dans la construction du roman, et parfois dans le style même. Toutes choses restant égales par ailleurs...
C'est plaisant, ça se laisse lire, même si on doute vraiment de l'utilité d'un cabinet de consultants obscurs pour que l'ensemble des médias se vautre dans le sang et le sensationnel. Ils font très bien ça tous seuls...
De même, est-il indispensable qu'un expert en manipulation pousse un raté hargneux à dézinguer son Conseil municipal ? N'y a-t-il pas suffisamment de désespoir et de rancoeurs dans ce pays pour que, malheureusement, ça arrive ? D'ailleurs, on ne voit pas trop la géniale manip, qui semble consister à montrer au pantin des jolis flingues... Muouf...
Par contre, le coup du "grâce aux candidatures de l'extrême-gauche la droite est sûre de gagner" sent un peu le maroille... Si c'était pour nous servir un argument de ce niveau, une tribune dans Libé aurait suffi...
19 juin 2008
Chaton : trilogie - Jean-Hugues Oppel
Chaton : trilogie, Jean-Hugues Oppel, Payot-Rivages, 2002
A lire (ou pas)
Désolé si je fais un peu l'enfoiré avec M. Oppel (dont j'avais bien aimé Six-pack), mais celui-ci, je crois que je ne vais pas le finir. Déjà, j'avance à tous petits pas, et l'idée de l'ouvrir de me donne pas les petits frissons habituels.
Pourquoi ? Eh ben d'abord parce que l'intrigue ne m'accroche pas. Voilà. Le tueur-agent secret (?)-as-de-l'informatique-et-de-la-finance qui va dézinguer à lui tout seul la moitié des pourris de France et de Belgique parce qu'on lui a tué sa petite famille... Comment dire ? Déjà vu ? Oui, je crois que c'est un peu ça. Sauf qu'en plus, il est VRAIMENT balèze : la Légion, les paras, les commandos en Guyane, il a quand même trouvé le temps d'étudier un peu l'économie. Enfin, suffisamment pour manipuler à lui tout seul, euuh... Pas TOUTE l'économie mondiale, nooon ! En tous cas il fait la pluie et le beau temps chez les trédeures... Dommage, la pénicilline avait déjà été découverte.
Et les flics sont à peu près aussi affranchis que les Six Compagnons ou le Club des cinq et semblent tomber des nues en découvrant que y'en a que c'est des pourris dans le Pouvoir (dialogues aussi crédibles que ceux de Monsieur X sur Inter... Genre : "-Mais alors, il serait... impliqué ?! - Vous comprendrez que je ne peux rien dire officiellement..." Ha ha ha !! :))
Ensuite parce que ce bouquin écrit en 2001-2002, à l'époque où Internet explose et la "Nouvelle Economie" avec, fait déjà ringard en 2008. Attends, le mec invente un méga-virus pour niquer les ordis des salauds et les faire accuser de délit d'initié avec un... mail impossible à effacer ('tain le pièèèège !! Aaaah ! ). Alors que dès la 6ème (si on est en retard) on sait qu'il suffit (au pire) de balancer ses disques durs... Non, franchement, il est à côté de la plaque le sieur Oppel.
Surtout, surtout, une "petite phrase" que je ne lui pardonne pas sur les derniers acharnés qui croient encore à la lutte des classes (je paraphrase, là)... Pour lire ce genre de connerie, on a déjà Libé, Nouvel Obs, Télérama, les Inrocks, alors c'était vraiment pas la peine dans remettre une couche. Commencent à faire chier les "on en est revenus" !
Naan, j'en rajoute, Oppel a du talent, Chaton est plein de bons passages, très drôles, très bien sentis (ses description des cadres dynamiques aux dents longues sont un régal) mais c'est juste que ça ne m'accroche pas. Voilà. Point. Et puis, Pennac l'a dit : on a le droit d'arrêter un livre si on veut. Alors...