Du noir mais pas que

Du noir, du polar... Le plus souvent

10 juillet 2009

Rue Sans-Souci - Jo Nesbø

415GZPYUtSLRue Sans-Souci, Jo Nesbø, trad. Alex Fouillet, Gaïa, 2005

N'est-ce pas beau ?

Une chose est sûre, avec Nesbø, c'est du garanti sur facture. Aucun risque d'être déçu.

Rue Sans-Souci est le quatrième épisode des aventures de l'inspecteur Harry Hole, toujours aussi grand, toujours aussi alcoolo abstinent (sauf quand il picole), toujours aussi peu conformiste, et toujours aussi teignous.

Tout héros récurrent de polar qui se respecte se retrouve un jour dans la situation d'être soupçonné, voire accusé de meurtre (en général victime d'une machiavélique machination). Là, c'est le tour de Harry Hole. Une soirée chez une ex au tempérament de feu, une cuite, un trou noir, un cadavre. Et boum. Et ça craint pour lui.

Le plaisir qu'on prend à lire Nesbø, c'est que même après des dizaines de romans, films, séries qui utilisent en gros les mêmes ficelles, on arrive encore à se faire balader dans des intrigues à double, triple, quadruple détente, à essayer de se rappeler les indices semés dans les précédents opus, à deviner ceux qui serviront dans les prochains...

Avec en plus le bonheur d'une écriture intelligente, avec adresses au lecteur, prolepses, ironie subtile...

Des comme lui, on en compte peu aujourd'hui. En tous cas, il est bien placé dans mon top ten perso.

Posté par Pedrozoreyo à 17:35 - Livres - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


28 janvier 2009

Rouge-Gorge - Jo Nesbø

Nesbo_Rouge_GorgeRouge-Gorge, Jo Nesbø, Trad. Alex Fouillet, Gaïa, 2004.

J'ai déjà parlé à plusieurs reprises de cet auteur norvégien, notamment de l'excellentissime Bonhomme de neige, et du très bon L'homme chauve-souris.

C'est donc sans trop de surprise que j'ai aimé ce Rouge-Gorge.

Cette fois, Harry Hole reste en Norvège (après l'Australie et la Thaïlande) où il commence par foirer une mission de haute importance diplomatique. Du coup, le bonhomme, sensible et fragile en dedans malgré son mètre quatre-vingt dix athlétique, se retrouve une fois de plus plongé dans la bière (à mon avis, il ne va jamais s'en sortir, celui-là non plus... Héros de polar, c'est mauvais pour le foie.).

Et paf ! On l'envoie courir après un fusil genre "à tuer l'éléphant du premier coup", que son importateur pourrait bien destiner à un méchant attentat sur le sol norvégien...

Je ne vais pas être original en disant que le bon polar vaut par deux choses essentiellement : une intrigue assez bien bricolée pour qu'on s'y creuse un peu la tête et s'y laisse un peu rouler, et une entrée dans des univers (lieux, époques, milieux sociaux, personnages...) que l'on ne fréquenterait pas forcément sans ce biais.

De ces deux points de vue,  Nesbø a encore une fois réussi son coup.

De l'intrigue, je n'en ai déjà que trop dit. J'ajouterai quand même que l'ami Jo laisse la porte ouverte sur une future enquête de l'inspecteur Hole. Tous les salauds ne sont pas punis à la fin du récit. Gageons que cette injustice sera réparée dans un prochain bouquin (Rue Sans-Souci ?) Quant au reste, disons que ce récit nous entraîne au cœur de la Seconde guerre mondiale et des légions de volontaires SS norvégiens. Et de l'attitude, collective, institutionnelle ou individuelle des Norvégiens pendant la guerre. Sur quoi nous n'avons guère de leçons à leur donner... Avec un crochet du côté des néo-nazes (is) contemporains.

Le récit alterne (classique, mais efficace) passé et présent, forcément liés, mais le lecteur se perd à essayer de démêler ces liens (on comprend pourquoi à la fin : que celui ou celle qui ne s'est pas fait avoir le proclame haut et fort. J'y paie des frites.)

Et puis, à chaque fois, les bouquins des Nordiques me rassurent. Malgré le raz-de-marée de la "culture mondialisée", certains particularismes restent solidement ancrés, comme des harpons (norvégiens) dans le bide d'une baleine (à bosse, si l'on veut).
Voici par exemple ce que l'on ne trouverait JAMAIS dans un polar écrit par, disons, un Toulousain : "Que fabriquait-elle, au nom du ciel ? Ils avaient dit sept heures et demie, et il était bientôt huit heures moins le quart." (sic)

Posté par Pedrozoreyo à 14:27 - Livres - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

31 août 2008

L'homme chauve-souris - Jo Nesbø

51RDPZKBTKLL'homme chauve-souris, Jo Nesbø, trad. Elizabeth Tangen et Alexis Fouillet, Gaïa Edition, 2002.

Comme un bon cassoulet

Il en est du polar comme du cassoulet. Les ingrédients sont connus, toujours identiques. Mais on ne s'en lasse pas. On peut pourtant s'en régaler comme le trouver franchement mauvais. Et comme le cassoulet, le polar souffre d'une production industrielle qui l'affadit et lui fait perdre sa saveur. Trouver un bon cassoulet n'est pas si facile...

Jo Nesbø sait faire du bon cassoulet.

A la base, un enquêteur. Ici il s'appelle Harry Hole (je crois que ça se prononce "Houli"), un peu abîmé comme il se doit, en l'occurence par une dépendance à l'alcool, sa responsabilité subséquente dans la mort d'un collègue et une vieille histoire d'amour qui le tisonne encore. Un héros avec ses faiblesses, donc, mais bien sûr avec aussi un petit plus qui rend ses aventures plus intéressantes que celles du brigadier du coin. Lui est têtu comme une mule et plutôt honnête et droit. Et doué.

Ensuite, un peu de dépaysement ne nuit pas, et cette enquête se déroule en Australie. Ça, l'Australie, ça en jette toujours, c'est forcément exotique pour plein de monde (sauf les Australiens, mais ils ne sont pas si nombreux).

Et puis un peu de peinture sociale, la vraie vie des vraies gens, pas ceux des films de Woody Allen ni des séries californiennes. Là, on découvre un peu l'histoire et la situation des Aborigènes, le Sydney underground, un village hippie, et que certains états sont plus conservateurs que d'autres. Bref, on referme le livre un peu moins ignorant.

Mais de bons ingrédients ne seraient rien sans ce je ne sais quoi* (en français dans le texte) qui distingue le William Saurin du cassoulet de Marie-Ange (ou de tata Nicole). Le talent, quoi.
Et ben on est servi. Le liant entre toutes ces bonnes choses est une intrigue bien fichue, mélange de personnages insolites, de suspense bien dosé, de doute savamment distillé, de fausses-pistes traîtreusement glissées de ci-de là. Et on se régale.

Si le menu vous tente, vous pourrez sans risque essayer Les cafards, qui se passe en Thaïlande, ou encore Le bonhomme de neige, dernière création en date (traduite tout au moins).

Voilà, bon appétit !

 

Posté par Pedrozoreyo à 10:27 - Livres - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 juin 2008

Le bonhomme de Neige - Jo Nesbø

Nesbo___Bonhomme_de_neigeLe bonhomme de neige, Jo Nesbø (traduction Alex Fouillet), Série Noire Gallimard, 2008

Froid polar

Une nuit, le petit Jonas aperçoit un bonhomme de neige dans son jardin. Mais ce n’est pas lui qui l’a fait. Chose étrange, il regarde vers la maison, et même… Vers lui. Le lendemain, sa mère a disparu, et on retrouve son écharpe autour du cou du bonhomme de neige. C’est la première disparition d’une série qui va lancer l’inspecteur Harry Hole, surdoué mais en lutte permanente contre le démon alcool, sur les traces du premier serial-killer norvégien.

Jo Nesbø signe ici un thriller de toute toute première bourre. Avec tous les meilleurs ingrédients du genre, et suffisamment bien ficelés pour qu’on oublie que la recette est classique. Les leurres abondent, les fausses pistes sont habilement tracées, le final en apothéose explosive, et Nesbø sait instiller la trouille à l’égal des grands maîtres du genre. On tremble souvent, et pas de froid.

Et puis j’ai bien aimé les petites touches d’exotisme nordique. Les voyelles agrémentées d’excroissances étranges, le tutoiement généralisé, les femmes aux postes-clés. Et cette étrange façon qu’a la police de respecter les droits des gens. (Et plus étrange encore, leur intégrité physique…).

Pour finir, un petit extrait, pas vraiment représentatif de l’ambiance du bouquin, mais qui m’a bien fait rire :

« Harry prit la lampe de poche, entra dans les locaux obscurs et passa rapidement devant les photos et affiches des héros du ski norvégiens, des drapeaux, du fart norvégien, des rois de Norvège et des princesses héritières norvégiennes, et des textes proclamant succinctement que la Norvège est une sacrée nation ; Harry se souvint pourquoi il n’avait jamais supporté ce musée »

Bonne nouvelle : Nesbø a écrit d’autres livres. (miam miam)

Posté par Pedrozoreyo à 09:11 - Livres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1