Du noir mais pas que

Du noir, du polar... Le plus souvent

19 juin 2009

L'hiver de Frankie machine - Don Winslow

arton11318_f42b1L'hiver de Frankie Machine, Don Winslow, trad. Frank Reichert, Masque, 2009.

Une mécanique bien huilée

A soixante ans passés, Frankie Machianno coule des jours pépères, partageant son temps entre le surf, sa boutique d'appâts, deux-trois petites affaires, sa fille et sa maîtresse. Sauf que ce n'est pas en pêchant à la ligne qu'il s'est gagné le surnom de Machine. Plutôt en étant l'un des tueurs les plus efficaces de la Mafia à San Diego.

Un jour, on lui demande un "dernier service" dont il réchappe de peu, et Frankie le tueur devient une proie. Mais qui en veut à sa vie ? Et pourquoi ?

La cavale de Frankie Machine commence et avec elle sa quête de réponses à ces deux questions.

Comme Frankie Machine, Don Winslow est un bon pro. Son roman se dévore, et tout fonctionne : les personnages, les scènes d'action, le mystère, et surtout, au fil des souvenirs de Frankie, une saga du crime organisé du sud de la Californie, façon Scorsese ou De Palma.

Bref, un bon gros thriller comme on les aime.

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27 août 2008

Le miroir de Bouddha - Don Winslow

41JY3ATQMQLLe miroir de Bouddha, Don Winslow, Série Noire Gallimard, trad. Philippe Loubat-Delranc, 1996.

Une aventure de Neal Carey

J'avais découvert Don Winslow par son dernier bouquin, La griffe du chien. Avec cette aventure de son héros récurrent Neal Carey, c'est un autre style que j'ai découvert (et préféré, pour tout dire).

Neal Carey travaille pour "les Amis de la Famille", organisation dont le nom ne laisse que peu de doute sur la nature exacte, et qui est liée à une très discrète et très puissante banque... On s'est compris (clin d'oeil).

Neal est donc chargé de récupérer un savant dont les travaux intéressent une boîte contrôlée par la banque (on se comprend -clin d'oeil) et la personne (intéresse) une très jolie Chinoise...

De Frisco à Hong-Kong, puis en Chine communiste, on suit les aventures de Neal, héros pas très balèze (mais têtu), qui ne rêve que d'une chose : finir pépère sa thèse de littérature. Sauf que l'amour...

C'est écrit avec beaucoup d'humour, léger, sympa et très bien ficelé. Très bien à lire pendant ses vacances. D'ailleurs, c'est ce que j'ai fait.

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17 mai 2008

La griffe du chien - Don Winslow

41uVomLpWrLLa griffe du chien, Don Winslow, Fayard Noir, 2007. Traduction de Freddy Michalski

America caboudin

Bon, alors là il me faut commencer par une râlante : ou Michalski (qui traduit James Ellroy, hein, quand même...) était à plat, ou il a confié le boulot à Babelfish, ou l'équipe de lecteurs-correcteurs était composée exclusivement de lycéens en stage de découverte de l'entreprise, mais c'est effarant à quel point ce bouquin est bourré de fautes !!! Incroyable... La Direccion Federal de Seguridad mexicaine est un coup DFS (logique), un coup DSF, les FARC colombiennes deviennent "le FARC" et leur lider, "Tirofijo" ("tire juste"), "Tirofio", la NSA... NASA !! Et ce n'est pas pour "prendre de la distance avec le réel", hein, parce que tout le reste, ça colle. Et l'orthograaaaphe, qu'on se croirait presque sur un blog d'ado.

Ouuuuh !! Fayard, gros nuuuuls !!!

Enfin, passons au fond de l'affaire, à savoir l'Oeuvre littéraire elle-même.

Eh bé j'ai eu un peu peur au début.

Ça commence avec un agent de la DEA Etats-Unienne (l'agence en charge de la lutte anti-drogue) ancien... Force spéciale au Vietnam (hm !), gamin-du-barrio-qui-s'en-est-sorti-à-la-force-du-poignet (hmm !), papa gâteau de charmants bambins (un garçon, une fille), époux fidèle d'une femme merveilleuse et qui l'adore (même si elle le taquine un peu sur ses opinions politiques, la coquine, c'est une libérale). Qui a une crise de conscience parce que sa lutte juste pour la Justice a fait d'innocentes victimes collatérales, et que, vraiment, ça le chagrine. Hmmmmm ! Que je me suis dit, encore une de ces merdes amerloques à la Littell ou Clancy qui va nous expliquer toute la justesse de leur juste lutte contre le Mal (narcos gominés qui roulent les "r" ce coup-ci).

Puis on enchaîne sur l'itinéraire d'un gamin du hood new-yorkais, irlandais-américain qui grimpe presque malgré lui dans la Mafia, un peu à la Il était une fois l'Amérique... Et là, je me suis demandé combien de clichés on allait encore devoir s'enfiler (en fait, quelques-uns : la pute au grand cœur, le curé rouge inflexible, les narcos mexicains super-super méchants...)

Mais curieusement, ça prend.

Ben oui, en fait, parce qu'aux clichés sûrement regrettables, Winslow mélange ce qui ressemble beaucoup à de la vraie histoire : collusions narcos-CIA-Mafia pour financer et armer la guerre sale que ce grand pays démocratique a mené (et mène, pas vrai Hugo ?) dans son arrière-cour où il ne faudrait pas que les Rouges viennent foutre le bordel et menacer la démocratie, la liberté et les affaires. Contras au Nicaragua, paramilitaires au Guatemala ou en Colombie, toute la glorieuse geste que Littell n'a pas dû avoir la place de conter dans le prolixe La Compagnie (qui, avec du recul, est vraiment une merde)...

La bonne conscience hypocrite ricaine est noyée dans la poudre et le sang, comme à peu près tous les protagonistes de l'histoire.

Le tout dans un style qui, bien que honteusement trahi par l'édition française, ne manque pas de rythme, avec des scènes de violence tout à fait cinématographiquement efficaces. Peut-être Winslow a-t-il pensé à une éventuelle adaptation sur grand écran ?

Je renouvelle donc ma confiance de lecteur à l'ami Laherrère, et plein d'une folle intrépidité termine ici ce message pour ouvrir le dernier Caryl Férey...

Posté par Pedrozoreyo à 20:55 - Livres - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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