41gPqpcMopLLa vie très privée de Mr. Sim, Jonathan Coe, trad. Josée Kamoun, Gallimard, 2011.

La vie de Maxwell Sim n'est qu'une succession de demi-échecs. Scolaires, professionnels, amoureux, amicaux... Sa femme l'a quitté depuis peu, et sa fille semble ne le regretter que modérément. Rien d'étonnant à ce qu'à l'approche de la cinquantaine il se trimbale une dépression rampante.

Une tentative (ratée) de renouer avec un père peu aimant exilé en Australie est pourtant le début d'une série de hasards, de rencontres, qui vont donner un nouveau tournant à sa peu glorieuse existence : une mère et sa fille dont la complicité le bouleverse, aperçues la terrasse d'un resto chic, une jeune voisine d'avion sympathique et dotée d'un oncle fantasque, un vieux pote qui lui propose un petit job...

Justement, le job : remonter jusqu'à l'extrême Nord des îles britanniques au volant d'une voiture hybride munie d'un GPS à la voix charmante (dont il va tomber amoureux) pour promouvoir une marque de brosses à dents bio. Et voilà notre raté parti en voyage à travers l'Angleterre, vers de nouvelles rencontres plus ou moins fortuites, et surtout vers un passé tragi-comique où son destin de perdant systématique s'est noué.

On retrouve à la fois l'humour souvent irrésistible de Jonathan Coe, avec ses situations qui oscillent entre absurde et grotesque, où le rire sauve toujours d'une vision trop désespérante de la vie, ses interrogations sur le poids de l'enfance, du passé, des rencontres, des occasions manquées et des malentendus dans le parcours des individus, et un regard lucide et critique sur le mode contemporain, la fabrique de la solitude moderne dans un monde hyper-communiquant.

Avec en prime un final quelque peu borgesien.

Allez, en résumé : encore un très bon roman de Mr Coe.