9782264047335R1Manhattan nocturne, Colin Harrison, trad. Christophe Claro, Belfond, 1997.

Porter Wren est journaliste, chroniqueur des faits-divers bien glauques, vaguement désabusé ("Les journaux ont-ils encore la moindre importance ?") et ma foi les choses vont plutôt bien pour lui : une épouse brillante, deux beaux enfants, une chouette maison en plein coeur de Manhattan...

Jusqu'au jour (bien sûr) où une blonde fatale, veuve d'un cinéaste avant-gardiste mystérieusement assassiné croise son chemin et enflamme son slip.

Mensonges, manipulations, menaces vont alors secouer son train-train...

J'avais lu, il y a maintenant un certain, temps Havana room, du même Colin Harrison. Qui m'avait emporté par son intrigue surprenante.

Ici encore, Harrison nous emmène dans une histoire où, du fond des égouts aux sommets des gratte-ciels on suit les détours tortueux de trajectoires humaines mues par l'ambition, le désir, la folie, l'amour, le désespoir... Et nous offre un regard fascinant, fasciné et sans complaisance sur sa ville ("Les bars, les clubs de remise en forme, les bureaux, grouillaient d'hommes superbes et ennuyeux, d'hommes raisonnables et pleins d'entrain qui n'avaient aucun charme à ses yeux. Ils s'intéressaient aux fonds communs de placement, aux rencontres de football, ils se montraient par trop spirituels au premier rendez-vous et bien trop délicats au lit. Ils parlaient sans cesse politique mais ne comprenaient rien à la rue. Ils semblaient produits en série et exhibaient l'impuissante ironie de leur génération"). A savourer aussi, au détour du récit, un éloge des femmes de quarante ans...

Chaude, chaude recommandation !