La_femme_en_vertLa femme en vert, Arnaldur Indridason, trad. Eric Boury, Métailié, 2006

Grand prix littéraire des lectrices de Elle 2007

Le commissaire Erlendur Sveinsson, héros récurrent des polars d'Indridason n'est pas un marrant. "Le printemps et l'été n'étaient pas les saisons préférées d'Erlendur. Trop de lumière. Trop de légèreté". Quand on sait qu'on parle de l'ISLANDE, là... Bref, c'est pas vraiment Séraphin Lampion.

Il faut dire qu'avec une fille toxico, enceinte et dans le coma, un fils qu'il ne voit jamais et une ex qui le hait d'une haine bien tenace, il n'y a pas vraiment de quoi sauter au plafond.

Ah, la famille...

Ben justement, c'est de ça qu'il est question dans cette nouvelle enquête d'Erlendur Sveisson. Un squelette datant de la dernière guerre est découvert dans les fondations d'un nouveau quartier de Reykjavik. Est-ce l'ex-fiancée de l'ancien propriétaire des lieux, disparue corps et biens plus ou moins à cette époque ? Quel rapport avec l'histoire de cette famille, qui nous est contée en parallèle à l'investigation policière ? Famille qui vit sous l'empire tyrannique d'un mari et père violent, un de ces monstres discrets que les faits divers mettent parfois en lumière. Le voisin du dessous, le quincailler du coin, le collègue de bureau dont on n'aurait jamais pensé qu'il...

On retrouve l'atmosphère pesante et triste de La cité des jarres, son rythme qui n'a rien d'hystérique, une enquête plutôt pépère, sans suspense ni réelle tension. Celle-ci est bien plutôt dans l'ambiance irrespirable des secrets de famille bien enfouis, de la violence et du Mal inouïs qui s'y cachent parfois, et des ravages qu'ils causent chez les victimes.

Un polar humain, très humain. Malheureusement.