4167dfA1KiLLe temps de la sorcière, Arni Thorarinsson, trad. Eric Boury, Métailié, 2007

Oui, oui, il y a décidément un truc avec les auteurs Nordiques.

J'entendais ce matin à la radio que d'après certains sondages savants, ce serait dans les pays nordiques que les gens se diraient les plus heureux. Moi, il me semblait qu'au contraire c'est là-bas qu'on trouvait les taux de suicide les plus élevés. Le genre d'info qu'on est sûr d'avoir entendue quelque part et qu'on finit par conserver dans un coin de la tête, rubrique "divers, et autres". Apparemment non, alors...

En tous cas, une chose est sûre : les Nordiques sont quand même vachement civilisés. Je m'en étais déjà fait la remarque dans ces colonnes (ça fait classe de dire ça, non ?), et j'en ai trouvé une nouvelle confirmation dans le bouquin dont je parle ici. Lisez plutôt (c'est un flic qui parle) :

"-Je n'ai jamais demandé à personne de me mâcher le travail. Je veux que la tâche de la police soit ardue. Elle n'a pas à être facile. Dans quel typé d'État le travail de la police est simple ?
- Un État policier ?
- Voilà, vous le dites vous-même. Je refuse de vivre dans un pays où l'État définit ses besoins en fonction des criminels. je veux vivre dans un État qui définit ses besoins en fonction des gens du commun.
"

Alors ?

Bon, mais ce n'est pas une raison suffisante pour acheter ce bouquin (7,80 € en poche) et s'enfiler ses 417 pages, me direz-vous.

Ah mais, répondrai-je alors, c'est que ce petit polar est aussi fort bien goupillé. Certes, il avance lentement (on l'aura compris, on n'est pas dans le thriller hyperthyroïdien à l'amerloque -no offense), mais n'en plonge pour autant pas moins dans des abîmes humaines universelles et contemporaines (eh ouais). Adolescence sur le fil du rasoir, fin d'un monde et arrivée du monde mondialisé avec son jargon à la con, ses plans de rationalisation, sa soif du pognon, ses drogues et ses putes...

L'histoire ? On dira seulement qu'elle commence avec la mort accidentelle d'une brave dame lors d'une excursion d'entreprise, puis avec celle, moins accidentelle, d'un jeune Apollon idole des dames et plein d'avenir. Tout ça dans une petite ville du nord de l'Islande, terre sauvage et volcanique (comme la mienne, mais en plus froid, et avec des gens vachement plus blonds).

Dernier conseil : accrochez-vous, il sont tous des noms à coucher dehors (et en Islande...)