Du noir mais pas que

Du noir, du polar... Le plus souvent

22 mars 2008

Les morts du karst - Veit Heinichen

kkLes morts du karst, Veit Heinichen, Points Seuil, 2007

Si va piano, va emmerdando...

Le karst, qu'es aco ? Ben c'est ça.

Et c'est une caractéristique géomorphologique de la région de Trieste. Ce bout presque perdu d'Italie, aux confins de l'Istrie croate et de la Slovénie est le décor, et peut-être le personnage le plus intéressant de ce livre.

L'auteur est un Autrichien qui a choisi de s'y installer et a dû, j'imagine en tomber amoureux. En tous cas, il en parle bien, nous décrit avec tendresse ses places, ses nombreux cafés, son climat parfois capricieux (brrr, la Bora Nera !), son atmosphère particulière...

Et surtout son histoire. Chargée, vu sa situation, à la frontière de l'Italie (latine) et des Balkans slaves (compliqués). C'est d'ailleurs l'héritage de la dernière guerre qui sert de trame à ce récit. Quand la région, fasciste comme le reste de la péninsule fut tour à tour contrôlée ou revendiquée par les oustachis croates pro-nazis, les nationalistes slovènes, les partisans communistes yougoslaves de Tito... Avec son lot de purges et de règlements de comptes, dont les victimes furent souvent précipitées dans les foibe, les crevasses typiques du relief karstique (on y revient, donc).

Une famille qui périt dans l'explosion criminelle de sa maison, un vieux marin exécuté, le tout sur fond de comptes mal réglés depuis la guerre et de trafics douteux, et voici le commissaire Proteo (protée, en cisalpin) Laurenti au boulot. Pff ! Ça tombe mal, sa femme est en train de se barrer, son fiston semble fricoter avec l'extrême-droite toujours frémissante, et en plus il a son ménage à faire !

En un mot comme en cent, moi, l'intrigue m'a plutôt emmerdé. C'est lent, poussif, sans suspense ni tension dramatique, l'enquête avance de façon linéaire entre deux mésaventures médiocres du commissaire (qui boit pas mal, essaie de tenir Junior loin des embrouilles, dragouille, baisouille même un peu, mange du poisson et se montre souvent désagréable avec son entourage). On ne tient pas là le nouveau Sam Spade, le détective de Heinichen a autant de charisme que le petit mollusque dont il possède le prénom.

Si j'étais un peu méchant, je dirais que finalement, pour découvrir le coin, j'aurais pu chercher le Géo idoine.

Heureusement, je ne le suis pas.

Posté par Pedrozoreyo à 12:37 - Livres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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